Prendre le temps d’un long voyage à la voile est un luxe rare avec, à la clef, une expérience vraiment inoubliable. Nous avons sélectionné cinq périples à faire au moins une fois dans sa vie quand on aime le large.

Le voyage à la voile est une des plus belles façons de découvrir le monde. On avance au rythme lent de la nature, on s’arrête de port en port ; au mouillage, on est comme un roi. Découvrant progressivement comment changent les pays et les hommes, on est toujours chez soi sur son bateau et pourtant jamais enfermé, toujours libre de partir ailleurs, sans nulle autre contrainte que celles qu’imposent les éléments.

Certes, il faut beaucoup de temps et de souplesse pour embarquer. C’est précisément ce qui donne de la valeur à ces expériences uniques.

Voici 5 voyages à la voile que les hommes et femmes libres, ceux qui toujours chériront la mer, devraient faire une fois dans leur vie.

1/ La côte ouest du Spitzberg.

Aztec lady au mouillage, au Spitzberg. © Pierre Lehuby

Le voyage. On lève l’ancre à Longyearbyen qui, avec environ 1600 habitants, est la plus grosse ville de cet archipel administré par la Norvège. Direction le grand nord. Les baies, sauvages et splendides, se succèdent: baie du Roi, baie de la Madeleine. Chacune est verrouillée par un immense glacier: lorsqu’il se fracasse dans la mer, c’est dans un bruit de canon. Quelques vestiges rappellent que des hommes sont venus ici pour chasser la baleine. Mais la nature a repris ses droits: l’ours polaire règne ici en maître et nul ne songerait à s’aventurer à terre sans être armé. Au-delà de Ny Alesund, passé le 80° degré de latitude nord, le bateau tâchera de toucher la banquise avant de repartir vers le sud. Une aventure inoubliable sous un soleil qui ne se couche jamais.

Le bateau. Aztec lady est un voilier de 21 mètres de long, gréé en ketch et équipé d’une coque en acier. Un grand carré et un poste de timonerie intérieur permettent de naviguer et d’admirer les paysages dans de bonnes conditions de confort. Il peut accueillir jusqu’à 10 personnes.

Y aller. Avec Grand Nord Grand Large. Prochain départ le 18 juin 2017, et jusqu’au 18 août. A partir de 4300 €.

2/ De Bretagne en Ecosse, par la mer d’Irlande.

Le voyage. Au départ d’Arzal, dans le Morbihan, direction l’île de Lewis dans le nord de l’Écosse, via Belle-Ile, Belfast, Islay et Jura en Écosse puis l’île de Skye. Côtes splendides et sauvages, escales exceptionnelles: un voyage inoubliable d’une durée d’environ 16 jours, avec navigations de nuit et environ 4 jours d’affilée en mer pour rallier Belle-Ile à Belfast.

Le bateau. Algol, un ketch en acier de 17,50 mètres de long pouvant accueillir, en plus de l’équipage, jusqu’à 10 personnes.

Y aller. Avec Grand Nord Grand Large. Prochain départ le 28 avril, à partir de 1600€.

3/ Grand Sud: les canaux de Patagonie

Podorange au mouillage dans les canaux de Patagonie: un maximum de précautions. © Corinne Perron / Voilier Podorange

Le voyage. Fjords, glaciers, forêts humides et grèves étroites. Les canaux de Patagonie ne peuvent se découvrir qu’en bateau et la voile est le meilleur des moyens pour y pénétrer. Entre Ushuaïa et Punta Arenas, du canal de Beagles au détroit de Magellan, on y progresse avec précaution, découvrant, seuls, ce pays sombre et beau où alternent les paysages les plus austères avec de véritables coins de paradis.

Le bateau. Podorange est un voilier d’expédition, un cotre de 20 mètres de long avec une coque en acier. Il peut accueillir 12 personnes.

Y aller. Avec Voile Australe, entreprise gérée par deux marins au long cours. Après un tour du monde à la voile, ils ont acquis ce bateau à bord duquel ils sillonnent les mers du sud, de la Terre de Feu à la Géorgie du Sud, en poussant parfois jusqu’à l’Antarctique. Expéditions de 2 à 5 semaines: compter environ 250 € par personne, plus les billets d’avion.

4/ Grand sud: l’Antarctique en équipage.

Au moteur, au large des côtes du continent blanc. © Allibert Trekking

Le voyage. C’est un peu l’absolu du voyage à la voile. Au départ d’Ushuaïa, direction le mythique passage du Drake: passé le cap Horn, c’est une zone balayée par les puissants vents du sud. Le bateau la traversera en 4 jours environ avant d’arriver sur les anciennes stations baleinières de l’île de la Déception. C’est l’Antarctique! Iles, détroits, péninsules, baies où paressent phoques et manchots, stations scientifiques: c’est vraiment un voyage au bout du monde, pour lequel il faut prévoir au moins 26 jours à partir d’Ushuaïa.

Y aller. Avec Allibert. Prochain départ le 10 décembre 2017, à partir de 6480€.

5/ La traversée de l’Atlantique.

A bord de Bernic II. © michelabadmedia@gmail.com

Le voyage. Pour aller de la France vers les Antilles, prévoir de partir en automne. La traversée durera quinze jours à trois semaines minimum, à moins de prévoir des escales dans les îles de l’atlantique: Madère, Canaries, Cap Vert.

Peu d’agence de voyage proposent d’embarquer mais on trouvera, sur le site Voiles d’exception, des unités fiables et des marins solides avec lesquels il est envisageable de prendre la mer en confiance. Ce site a sélectionné une centaine de bateaux et leurs skippers pour des programmes allant de la sortie à la journée à la transat «Nous naviguons avec les skippers que nous sélectionnons», précise Frédéric Bourhis, le gérant de cette structure.

De nombreuses options sont possibles, à bord de voiliers de course ou de croisière.

● Voiliers de course: le site propose de faire la traversée à bord d’un Class 40, comme Maluel 40, qui était au départ de la route du Rhum en 2006 et 2010, ou d’un Imoca tel Furtif 60.

● Voiliers de croisière: Voiles d’exception a sélectionné de robustes Swann tels King’s legend ou Peak. Dans le même esprit, on peut aussi embarquer sur Bernic II, solide ketch, qui connut son heure de gloire avec Florence Arthaud et les 5 filles sur un bateau du Figaro Magazine…

Pour ce type de voyage, compter environ 3000 €, plus la caisse de bord et le billet d’avion retour.

A moins, bien sûr, de pouvoir se payer le luxe d’un voyage retour à la voile. Cette fois-ci, il ne se fera plus avec des vents portant mais au près, entre avril et mai. Moins confortable et, par conséquent, moins cher… Par exemple, à bord de ce Challenge 67, conçu pour un tour du monde à l’envers.